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Ma douce Oizys

Hécate, qui chatoie sous la lune noire, mène-moi dans ta tanière ténébreuse que je puisse enfin y trouver le repos qui m’est dû. Perdue dans ton château de glace, j’erre solitaire, je me promène dans le dédale labyrinthique de ses couloirs, afin d’y trouver le gouffre auquel je suis damnée. Car depuis longtemps je sais au fond de moi que c’est là que me mène ce chemin si sombre, si noir qu’il éclipse les plus brillants à ses côtés. C’est une ligne droite tracée depuis la nuit des temps, si évidente et pourtant si subtile. Cruelle, sans la moindre lueur d’espoir, et si réconfortante à la fois.

Point de mensonge, point de déception. Les ténèbres s’insinuent doucement, me soulagent de ce si lourd fardeau, et chaque seconde devient un pas en arrière. C’est ainsi que les masques tombent. C’est ainsi que tu te révèles à moi, ô bifrons Janus. Tes multiples visages se confondent, passé, présent et futur ne font plus qu’un, dans un chaos indescriptible du temps, je vois enfin ce qui fut ; je vois enfin ce qui est. Et je vois ce qui pourrait être. Cette torpeur dont je me pensais libérée, je la sens également, tapie dans un recoin, tirant allègrement sur les fils de l’avenir dans une sarabande endiablée qui n’en finit jamais.

Jamais je ne serais débarrassée de ces doutes, de ces peines futiles, de cette frustration constante, de cette souffrance écrasante. Il y a pourtant tellement d’échappatoire qui m’entourent, tellement de distractions qui pourraient me permettre de m’enfuir. Mais celles qui me permettaient d’oublier pour un temps, tombent aujourd’hui en poussière. Je suis seule, et si lasse. Chaque cri, chaque peine, chaque sanglot refoulé est un poids qui semble si lourd sur mes épaules. Mon échine se courbe, et à chaque seconde qui passe je peine un peu plus à reprendre mon souffle. Jusqu’à n’en plus pouvoir respirer.

Brique par brique, emmure-moi dans ton silence d’argent, là où les ombres sont maîtresses, et où l’homme et la folie ne font qu’un. Guide moi vers ces nuits sans lumière, où la douce lueur de Perseis n’est plus. Enferme-moi dans ce tombeau qui m’attire désespérément, dont je me languis tandis que je n’y suis pas. Cet endroit sans couleurs, où la pensée n’est plus la bienvenue. Ce lieu où je suis seule, et où je pourrais m’abandonner aux chuchotements et à ces murmures qui ne s’arrêtent jamais. Alors que je les écoute, ces murmures se muent sans bruit en cris d’agonie, ils flottent alentour, ne me laissant plus aucun répit, ils s’accrochent à moi, leurs supplices si violents et leur douleur… si belle. Elle les embrasse, les prend en son sein, aimante, les enveloppant dans un torrent de mille feux qui leur laisse la chair à vif.  Et puis disparaît en un claquement de doigt, seuls avec eux-mêmes, perdus dans un tourbillon d’angoisse dont les confins sont infinis. Leurs larmes au goût de mer roulent sur leur visage calciné laissant apparaître des sillons de sel qui attisent et rouvrent leurs plaies.

Nous ne faisons plus qu’un. Dans cet acharnement inhumain, Oizis et moi sommes un, le cœur en charpie dont le rythme erratique nous offre une dernière mélodie.

 

Ish Please
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Ish Please
Salut, je m'appelle Manon. Et si vous lisez ça il y a de grandes chances que vous me connaissiez déjà. J'écris un blog sans prétentions, et sans aucune ambition ; simplement pour déposer quelques pensées, écrits et souvenirs qui resteront ici à l'abri du temps et de l'oubli.

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